Étudiants en médecine


Étudier c’est survivre, apprendre c’est résister

Nelson Mandela

Aidons ces futurs soignants, véritables lueurs d’espoir pour leur famille et leur peuple !

Huit mois après un élan de solidarité exceptionnel qui nous a permis de financer l’année universitaire 2025-2026 de 15 étudiant·es en médecine palestiniens en Égypte, leur situation reste extrêmement difficile et les frais de scolarité grimpent toujours plus.

Nous faisons appel aux citoyen·nes, entreprises, institutions, organisateurs d’événements culturels, responsables politiques pour ce nouvel appel aux dons et souhaitons pérenniser le soutien financier de ces 15 étudiant·es avec qui nous sommes en lien étroit depuis nos différents voyages en Égypte. Aidons-les à poursuivre leurs études !

Beaucoup d’étudiant·es de Gaza viennent étudier en Egypte où l’obtention du diplôme n’est valide qu’après solde de tout compte de l’intégralité des frais de scolarité.

Avant le début du génocide, la scolarité était facturée par semestre 1 500$ (1 315€). Depuis 2023, chaque étudiant doit débourser, dès le mois d’octobre, les deux semestres de l’année à venir, soit près de 3 000$ (2 630€) chaque année. Les études de médecine durent 5 ans avant deux années d’internat (2 400$ – 2 105€/an) et enfin une ou plusieurs années de spécialisation (6 000 à 11 000$ – 5 262 à 9 648€/an selon la spécialité). En Égypte, l’accès à la spécialisation est réservé aux étudiant·es dits prioritaires et les Palestinien·nes ne le sont pas, les obligeant à chercher où faire leur spécialisation après 5 années de tronc commun au Caire.

Etudier en Egypte pour ces jeunes Palestinien·nes n’a rien d’une accalmie dans le quotidien de ces soignant·es en devenir. Les frais d’inscriptions annuels au sein des facultés égyptiennes s’élèvent à 3 000$ (2 632€) pour un·e étudiant·e Palestinien·ne quand ils sont fixés à 50$ (44€) pour un·e étudiant Égyptien·ne ou 600$ (526€) pour un·e étudiant·e Soudanais·e. Les loyers sont exorbitants et les colocations impératives : les étudiants de Mansoura sont actuellement logés à 4 dans le même studio. La vie est chère, jusqu’à 300$ (263€) par mois. Et les Palestinien·nes en exil sont ostracisé·es, partout.

Pour certain·es, leurs familles ont vendu des terrains pour financer leur première année, d’autres tentent d’obtenir des bourses d’excellence grâce à leurs résultats et tou·tes sont en grande difficulté tant les ressources viennent à manquer pour payer leurs années universitaires. Ces étudiant·es continuent leurs formations avec la culpabilité de « coûter bien trop chers à nos familles restées sous les tentes de Gaza ».

La collecte de l’automne/ hiver 2025-2026 a permis d’aider 15 étudiant·es en médecine, pharmacie et odontologie qui veulent se spécialiser en Oncologie, Neurologie, Chirurgie obstétrique, en payant les frais de scolarité.


Ce qu’ils et elles nous ont dit de cette première vague de soutien

Moaz et Laith débutent cette année leur internat. C’est avec de francs sourires et une petite bouteille d’huile d’olive de Palestine qu’ils nous reçoivent dans les jardins de l’université. Pour Moaz, « rencontrer un médecin français qui vient leur apporter son soutien est un grand honneur » et il espère « pouvoir aider d’autres étudiants en retour une fois son diplôme passé ». Laith et Moaz n’ont qu’un seul projet, « devenir neurochirurgien, à Gaza ».

Malgré le système de soins mis à terre et une enclave dévastée, ils n’ont pas d’autres objectifs que de rentrer sur leur terre natale « que ce soit dans 2, 5 ou 10 ans ». De l’espoir donc, un partage profond des valeurs de la médecine d’Hippocrate mais aussi, avec beaucoup de dignité et de pudeur, la triste réalité « de ne plus voir leur famille, de ne pouvoir rentrer à Gaza et de ne les avoir au téléphone que quelques minutes par semaine ». Ils souffrent du syndrome du survivant, ou celui qui culpabilise « d’être en vie quand dix personnes de ma famille sont mortes sous les bombes », de « se nourrir quand ma mère ne trouve pas de quoi nourrir mes deux jeunes sœurs », « d’étudier quand eux survivent ». Mais l’espoir et la détermination sont là et pour la deuxième fois de l’année le duo a décroché les premières places de leur promotion aux examens de fin d’année. 

Malak a 21 ans et suit son parcours universitaire au Caire : « Je rêvais de devenir dentiste. J’ai débuté ma première année d’odontologie mais les frais de scolarité en Égypte devenaient impossibles à payer pour ma famille restée à Gaza et ce malgré les actions de solidarité des Palestiniens en Égypte et des bénévoles d’associations musulmanes de quartier ». Malak a donc dû abandonner son rêve mais « veut continuer à soigner les autres ». Elle s’est donc inscrite en première année de Pharmacie au sein de l’Université de Palestine et suit ses cours en ligne depuis Le Caire, « bien moins chers que les cours en présentiel lorsque j’étudiais en dentaire ». Son objectif ? « Revenir auprès des miens à Gaza et ouvrir une pharmacie ». 

Au cours du 1er semestre 2026, Rizoma a été sollicitée pour venir en aide à 3 nouvelles étudiantes : Lamis, Amira et Nour.

Lamis a obtenu un MBA à l’Université Al Aqsa de Gaza et Amira son diplôme de Pharmacienne. Avec le soutien de Rizoma, ces deux étudiantes ont ensuite commencé à chercher du travail pour aider leurs familles à Gaza, sans revenus et sous la tente. Nour est en 5ème année de médecine. Elle espère pouvoir, après l’internat, se spécialiser en gynécologie.

« … Je m’appelle Amira, j’ai 24 ans et suis originaire du quartier Zeitoun à Gaza. J’ai étudié pendant 5 ans en Faculté de Pharmacie puis ai effectué une année complète de stage dans des hôpitaux et des pharmacies ici en Égypte. Merci beaucoup pour tout ce que vous avez fait.  Grâce à vous, j’ai reçu 1300 dollars. Je ne peux pas décrire à quel point je suis reconnaissante et remercie tous ceux qui ont contribué à m’aider, je ne l’oublierai pas tant que je serai en vie. Vous avez aussi beaucoup aidé ma famille en leur apportant l’assurance de la poursuite de mes études ».

Lamis a 23 ans, elle vient de Gaza-ville :
« Je vous écris pour exprimer ma plus profonde gratitude et ma sincère reconnaissance pour votre soutien, qui a eu un impact profond et direct sur ma vie et la vie des membres de ma famille. Votre aimable contribution de 1500 dollars pour les frais de scolarité a été bien plus qu’une simple aide financière : c’était une « bouée de sauvetage » et un message d’espoir qui a restauré notre confiance dans la réalisation de nos rêves malgré les circonstances difficiles. Grâce à votre générosité, j’ai officiellement obtenu mon diplôme universitaire en Business Administration (programme anglais), marquant la première étape de mon parcours universitaire. 

L’impact de votre gentillesse ne s’est pas arrêté avec moi ; cela s’est étendu à mes sœurs en leur permettant de poursuivre leurs études universitaires en sciences (infirmière et conseillère psychologique). Cela signifie que vous avez non seulement soutenu un individu, mais vous avez assuré l’avenir éducatif de toute une famille aspirant à servir sa communauté et son peuple. Vous nous avez donné plus que de simples fonds ; vous nous avez offert un « avenir ». Ce geste va rester à jamais une dette de gratitude et un souvenir précieux. Avec tous nos remerciements et notre reconnaissance à Rizoma pour avoir « fabriqué de l’espoir » ».

Lamis a obtenu entre temps une réduction de ses frais de scolarité et une partie de l’argent envoyé à été utilisé pour payer les impayés des frais de scolarité de ses 2 sœurs.

« Je suis Nour, étudiante en 5ème année de médecine. J’avais accumulé des retards dans le paiement des frais de scolarité et l’association Rizoma a eu la générosité de me fournir une assistance financière pour couvrir une partie de mes impayés. Ma famille et moi sommes profondément reconnaissants pour votre soutien continu et sa solidarité avec les étudiants palestiniens. Nous espérons toujours être à la hauteur de cette responsabilité et de cette attente ».

Autre objectif : Aider les familles de malades et blessés évacué·es